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Détails

1988: Maison Eynard

Adresse:Rue Daniel-Colladon 2
Description:

Classement demandé par la SAP en 1987
Classement en 1988


Construite en 1829-1830 pour Jean-Gabriel Eynard dix après le palais qui se trouve en face, la maison Eynard (actuelle Maison internationale des étudiants) est probablement l'une des plus remarquables maisons d'habitation urbaines réalisées sous la Restauration genevoise. 

L'ancienne maison Eynard trouve sa place dans un contexte urbain qui ne cesse de s'améliorer dès 1816, date à laquelle Jean-Gabriel décide d'édifier là son palais urbain. Désormais le mécène aura droit de regard sur les environs de sa résidence; il rachète en effet au demoiselles Rath le terrain qui se trouve vis-à-vis, de l'autre côté de la rue de la Croix-Rouge, afin d'y faire construire une maison d'habitation. Plus tard, son épouse Anna Lullin sera à l'origine de la réalisation du palais de l'Athénée et l'on pourra parler alors à juste titre du "quartier Eynard", quartier caractérisé par le classicisme de grande qualité des formes architecturales. 

La conception de la maison pourrait avoir été imaginée par l'architecte tessinois Luigi Bagutti, actif à Genève entre 1817 et 1830 et célèbre pour la réalisation de la villa Saladin de Lubières à Pregny (1825-1828) ainsi que pour l'achèvement de l'église catholique de Carouge. 

C'est avec talent que l'architecte résout la contrainte de l'irrégularité du terrain : il extrait un trapèze presque régulier et adoucit les angles par un pan coupé. A l'intérieur d'une enveloppe aux accents néo-classiques, on distingue un côté réservé aux pièces de réception disposées en enfilade, conformément aux goûts de l'époque, à savoir de part et d'autre du grand salon central, un petit salon et une salle à manger. Ces trois pièces occupent l'espace qui se trouve à l'arrière de la "belle façade" percée de baies serliennes, et décorée d'urnes dans des niches. Donnant sur l'angle de la rue Piachaud et de la rue Colladon, les pièces de service sont groupées autour d'un escalier en colimaçon à noyau ouvert, de très harmonieuses proportions. Les pièces d'habitation, quant à elles, étaient essentiellement situées du côté de la rue de la Croix-Rouge. L'entrée principale se fait aujourd'hui encore par la rue Colladon et donne accès à la très classique (mais moderne pour l'époque) cage d'escalier tournante éclairée zénithalement par une verrière. 

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