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TROIS RAPPORTS SUR L'AVENIR DU MUSEE
Le Courrier 21.03.2017

 

LE MUSEE D'ART ET D'HISTOIRE EST (ENFIN) CLASSE !

Patrimoine suisse Genève se réjouit de l’arrêté du 28 septembre 2016 rectifiant l’arrêté du Conseil d’Etat du 15 avril 2015 statuant sur sa demande de classement du bâtiment du Musée d’art et d’histoire.

Pour rappel, Patrimoine suisse Genève a requis le classement du Musée d’art et d’histoire, sis rue Charles-Galland, le 2 avril 2008. En avril 2009, la procédure a été suspendue par le Conseil d’Etat dans l’attente du projet de transformation annoncé par la Ville de Genève. La procédure sera reprise après le dépôt de la requête en autorisation de construire fin 2011, pour aboutir le 15 avril 2015.

L’arrêté, tel qu’initialement formulé, a fait l’objet d’un recours par Patrimoine suisse Genève. Notre association contestait essentiellement le chiffre 3 du dipositif de l’arrêté dans la mesure où il permettait et incluait au classement les extensions projetées, encore inexistantes. Du jamais vu !

Suite au résultat de la votation du 28 février 2016, rejetant l’ouverture de crédits destinés à la restauration et à l’agrandissement du Musée d’art et d’histoire et vu que l’autorisation de construire ne sera pas mis en œuvre, le Conseil d’Etat a révoqué le point litigieux dans un arrêté rectificatif le 28 septembre 2016.

Dès lors, le Musée d’art et d’histoire rejoint la liste des objets classés du canton de Genève. Patrimoine suisse Genève estime que ce bâtiment doit être préservé dans l’intégrité de ses structures, ce qui n’exclut pas certains aménagements et travaux d’adaptation dans la perspective d’une conservation dynamique, vivante et évolutive. Par ailleurs, en sa qualité d’objet classé, le musée de la rue Charles-Galand doit rapidement être restauré dans les règles de l’art, ainsi que l’exige la loi.

 

 

Musée d'art et d'histoire

 

LE PROJET DE RENOVATION DU MUSEE D'ART ET D'HISTOIRE A ETE REJETE

 

NOUS REMERCIONS LES SIGNATAIRES DU REFERENDUM ET LES CITOYENS DE LA VILLE DE GENEVE

 

Communiqué de presse du Comité Référendaire

Le peuple s'est prononcé et a jugé, tout comme le Comité référendaire, que le projet mal ficelé, qu'une campagne d'une intensité inouïe avait tenté de lui imposer, ne méritait pas d'être concrétisé. Le débat ouvert par le référendum a permis à la population d'être partie prenante de la réflexion et de la décision: c'est pour nous la preuve qu'une démocratie participative nourrit la vie des causes publiques.

Nous remercions en premier lieu la population de sa confiance et de sa clairvoyance. Pour défendre le patrimoine et promouvoir une architecture à échelle humaine, tout en assurant un usage décent des deniers publics, le combat a été difficile.

Les électrices et les électeurs, les contribuables de notre Cité ont refusé cette fuite en avant et la politique du «C'est ça ou rien» qui a déjà trop fait de mal à la République. Tout comme ils ont refusé l'omerta et la non- transparence du montage dit «partenariat» liant pour 99 ans la collectivité à un seul contributeur privé aux nombreuses exigences.

Il convient aujourd'hui de REGARDER VERS L'AVANT. La population est attachée au Musée d'art et d'histoire, dont le besoin d’une restauration intelligente n'est contesté par personne. Cette restauration doit voir le jour rapidement, puisque le Conseil municipal l'a votée dans son crédit initial de 65 millions. Vu le refus du projet de la Ville de Genève, ce vote devra être confirmé par une nouvelle décision du Conseil municipal, ce qui devrait ne représenter qu’une formalité.

Ce futur chantier doit être à la mesure du Musée. La cour peut être couverte d'une verrière et dotée d’un aménagement en sous-sol; cette valorisation offrira des surfaces appréciables avec l’avantage de coûts maîtrisés. Quant à l'extension du musée, la population a clairement exigé des procédures honnêtes et transparentes, tel qu'un concours d'architecture digne de ce nom (sans recours obligatoire à des stars coûteuses), dès la première étape de restauration engagée.

Dans un même temps, des négociations doivent être entamées entre le Canton et la Ville afin de récupérer l'annexe de l'Ecole des Beaux-Arts, comme cela avait été prévu dès les années 1930-40 et confirmé par la suite.

Nous estimons qu'il y a urgence à constituer un Comité de pilotage pour diriger l'ensemble du projet et des procédures y relatives, avec les différentes parties dans un esprit de concertation et de participation effective. Dans cette perspective, le programme muséographique doit être réexaminé avec une mobilisation des compétences scientifiques, historiques, artistiques et pédagogiques.

Une chance extraordinaire est aujourd'hui offerte à Genève de concevoir un nouveau projet sur des bases qui lui assureront l'adhésion et même l'enthousiasme d'une majorité de la population. Nous nous réjouissons de collaborer dans ce but avec toutes les parties impliquées, sans parti pris ni a priori.

Pour le Comité référendaire :

Marcellin Barthassat, Philippe Cottier, Claire Delaloye Morgado, Erica Deuber Ziegler, Christine Eisseva, Jérôme Fontana, Pierre Gautier, Alfonso Gomez, Cathy Jaquier, Pauline Nerfin, Maria Pérez, Daniel Rinaldi, Tobia Schnebli, Alexandre Wisard.


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Comité référendaire
« NON au saccage de notre patrimoine public »

FEUILLE DE ROUTE POST VOTATION DU 28 FEVRIER 2016

Après la votation du 28 février 2016, et quel qu’en soit le résultat, les travaux ne pourront pas démarrer dans l’immédiat.

Si le OUI l’emporte, les procédures en cours peuvent durer au minimum encore 2 ans (avec un risque d’annulation de l’autorisation de construire).

Si le NON l’emporte, les travaux de restauration du MAH pourront commencer dans un délai de 2 ans maximum. Bien entendu en partant du principe que l’ensemble des parties continuent à reconnaître la nécessité de rapidement rénover le bâtiment et que les autorités municipales tiennent leur engagement de mettre en route rapidement une alternative.

Le comité référendaire propose le calendrier et organisation suivants :

TEMPS 1 (2 ans) RESTAURATION ET COUVERTURE DE LA COUR

Constitution du comité de pilotage pour la rénovation du MAH.

Ce comité mis en place par la Ville de Genève sera composé de l’ensemble des parties prenantes à cette votation y compris, bien entendu, les financiers privés.

Ses objectifs principaux seront de fixer le cahier des charges du concours pour la rénovation du MAH avec une couverture de la cour par une verrière et l’ajout d’un sous-sol sous cette même cour.
Durée 6 mois

-Concours, marché public pour mandataires.

Ce concours permettra de désigner des mandataires pour la restauration du MAH.
Durée 6mois.

-Chiffrage de la restauration et couverture de la cour et autorisation de construire.

Beaucoup de documents et informations existent déjà pour permettre la mise en place rapide d’un devis estimatif et les documents nécessaires à la demande d’autorisation de construire.

Les services de la Ville pourront établir le devis général du projet lauréat et l’architecte désigné pourra initier la procédure du permis de construire.
Durée 6 mois.

-Procédure politique.

Dépôt d’un nouveau PR, examen et vote par le CM.
Durée 6 mois.

Suite à ces étapes la restauration du MAH peut démarrer tout en pouvant maintenir, selon divers scénarios possibles, le musée ouvert au public. La durée des travaux sera de 3 ans et permettra la mise en service du MAH restauré, en 2021.


TEMPS 2 (3ans) EXTENSION CASEMATES

Cette partie du programme pourra être mise en œuvre en parallèle de celle de la restauration du MAH et démarrer rapidement après le 28 février.

-Négociation avec l’Etat de Genève pour la récupération de l’annexe des Beaux-Arts.

Il est de notoriété publique que la HEAD cherche à déménager. Quel qu’en soit le délai la Ville de Genève, au vu du soutient médiatique récent du Conseil d’Etat, pourra entamer des négociations pour la reprise de ce bâtiment au profit des extensions du MAH.
Durée 6 mois.

-Etude de faisabilité, du programme et estimations des coûts.
Durée 6 mois.

-Concours, marché public pour mandataires.
Durée 6 mois

-Chiffrage du projet et procédure d’autorisation.
Durée 6 mois

-Procédure politique.
Durée 6 mois

Suite à ces étapes, et à condition que le financement soit assuré, les travaux de la première étape d’extension pourront commencer. Ils devraient durer maximum 3 ans.


TEMPS 3 (6 ans) EXTENSION BUTTE DE L’OBSERVATOIRE

Cette périodicité pourra être mise en oeuvre en parallèle des autres. Elle nécessitera une étude de planification de modification de zone pour le site de la butte de l’Observatoire actuellement en espace vert.

-Etude de faisabilité et estimation des coûts.

Il existe déjà des études sérieuses et détaillées sur cette extension qui pourront servir d’avant projet.
Durée 6 mois.

-Elaboration du programme/muséographie.
Durée 12 mois.

-Organisation du concours international.
Durée 12 mois

-Modification de zone au GC et Enquête publique.
Durée 18 mois.

-Etude de faisabilité, du programme et estimations des coûts.
Durée 6 mois

-Chiffrage du projet et procédure d’autorisation.
Durée 6 mois

-Procédure politique.
Durée 6 mois

L’unité politique indispensable post-votation permettra l’accélération du processus de validation par le Conseil Municipal, pour le moins jusqu’à l’ouverture du chantier de restauration.


Pour le comité référendaire
Daniel Rinaldi
Marcellin Barthassat

 

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Patrimoine suisse Genève recourt :

L’extension du Musée d’Art et d’Histoire doit être respectueuse du patrimoine.

C’est par une décision unanime de son comité que l’association Patrimoine suisse Genève a décidé de déposer un recours contre l’autorisation délivrée pour l’extension du Musée d’Art et d’Histoire. Ce recours, qui concerne un des rares monuments genevois inscrits à l’inventaire fédéral des biens culturels d’importance nationale, est soutenu par la section centrale de Patrimoine suisse. 

En date du 12 septembre le Tribunal administratif de première instance de Genève a été saisi d’un recours déposé par Patrimoine suisse contre l’extension du Musée d’Art et d’Histoire. Ce recours a été déposé à la suite d’un examen attentif du projet par le comité de Patrimoine suisse Genève.
Il est apparu aux membres du comité, composé notamment d’historiens, d’historiens de l’art, d’architectes, d’urbanistes et de juristes que le projet d’extension du Musée d’Art et d’Histoire n’était pas acceptable.

Le projet d’extension envisagé implique en effet de nouvelles constructions dans la cour du musée. Ces constructions dénaturent un monument inscrit à l’inventaire fédéral, qui revêt un intérêt majeur du point de vue historique et architectural.

Ce projet consiste également en une surélévation particulièrement inesthétique du bâtiment, contraire à la législation cantonale. Une telle surélévation représenterait par ailleurs un précédent inacceptable dans le périmètre de la Vieille-Ville.

Ces motifs ont amené Patrimoine suisse à déposer un recours contre le projet ayant fait l’objet d’une autorisation de construire.

Alors même que ce recours est déposé, Patrimoine suisse tient à relever que l’association ne conteste pas la nécessité d’engager rapidement des travaux de réfection du Musée d’Art et d’Histoire, lesquels sont indispensables.

Pour le surplus, Patrimoine suisse - qui a fait des propositions en ce sens - n’est pas opposée à une extension du musée pour autant que celle-ci respecte les caractéristiques du monument qu’est le Musée d’Art et d’Histoire.


Faut-il agrandir le musée dans ou hors des murs ? cliquer ici !

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Dix bonnes raisons de sauvegarder la cour centrale du musée cliquer ici !

Pour lire notre recours auprès du tribunal de première instance, cliquez ici !

 

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Chronologie

Depuis 2007, notre attention ne faiblit pas: nous avons maintes fois exprimé aux autorités notre position sur le projet d’agrandissement du Musée d’art et d’histoire (MAH) et,  à sept reprises, notre journal a traité de ce dossier très problématique (Alerte nos 104, 105, 109, 115, 116, 117, 119, 120 et 121).

Un premier crédit d’études de CHF 3,6 millions fut voté le 26 février 2007, alors que le projet initial de 2001 avait déjà évolué. A l’époque, le coût des travaux était estimé à 80 millions, dont la moitié devait provenir d’un financement privé. Consultée pour la première fois en novembre 2008, la Commission des monuments, de la nature et des sites (CMNS) émit ses premières remarques, encore générales mais utiles à la poursuite de l’étude, «dans un esprit d’ouverture et de réversibilité», d’un projet qui soit conforme aux normes environnementales. Elle demandait déjà la préservation du bâtiment ancien et le principe d’une structure autonome dans la cour du musée.

En 2011, le coût estimé atteignait 127 millions sur la base d’une étude encore incomplète. Une demande de crédit d’étude complémentaire au Conseil municipal et la demande définitive de construire (DD 104675-1, FAO n° 135 du 23.11.2011) furent déposées simultanément à l’automne 2011. PSGe envoyait ses observations au DCTI le 20 décembre 2011 et la CMNS émettait, le 29 février 2012, un préavis circonstancié s’appuyant cette fois sur un dossier de plans plus précis.

Le 8 mai 2012, le Conseil municipal vota, à une très large majorité, un crédit d’étude supplémentaire de CHF 2,425 millions (PR-922) pour permettre aux architectes mandataires de finaliser le devis général, puis un montant supplémentaire de CHF 500'000 pour qu’ils fassent évoluer le projet vers une solution consensuelle limitant les risques de conflit. L’amendement à la PR-922 précisait: «l’étude de l’extension du MAH devra se concentrer prioritairement sur le site et la cour des Casemates» (voir rapport du 27.03.2012 de la commission des travaux et des constructions du Conseil municipal chargée d’examiner la PR-922 et l’amendement à la PR-922 voté en urgence le 8 mai 2012 (https://www.ville-geneve.ch/conseil-municipal/objets-interventions/detail-objet/objet-cm/922-169e/).

Le projet devait se mettre en conformité avec la loi (LCI et règlement de zone, préavis CMNS, PR-922 et amendement y relatif) et avec les exigences justifiées par le statut patrimonial de l’édifice (demandes de classement et recommandations des associations de sauvegarde).

Le préavis de la CMNS de février 2012

Demandant un projet modifié et des compléments à celui-ci, la CMNS s’est déclarée favorable à la création d’un passage souterrain reliant le passage Burlamachi à la cour centrale du musée, mais d’un impact réduit. Elle a demandé que l’étude prenne en compte une variante d’extension du MAH dans la cour des Casemates et dans l’ancien bâtiment de l’École des Beaux-arts. Émettant les réserves archéologiques d’usage, elle s’est déclarée favorable à l’excavation de deux étages au-dessous du niveau actuel de la cour pour y installer un étage technique et un auditorium, tout en demandant une expertise géotechnique qui garantisse la faisabilité de l’opération.

Dans la cour centrale, la CMNS a admis l’installation de liaisons verticales par des ascenseurs extérieurs et de nouveaux escaliers dans l’aile arrière, acceptant ainsi la démolition de l’escalier hélicoïdal d’une des tourelles sous réserve que son enveloppe extérieure soit sauvegardée pour respecter la typologie architecturale. Le projet prévoyant une modification du système de distribution au niveau de l’entrée, la commission a toléré un unique plateau au -dessus des arcades de la cour (excluant donc les autres plateaux), pour autant que l’intervention ne porte aucune atteinte aux façades existantes et que les structures nouvelles soient autonomes (dispositif autoporté). Rejetant ainsi implicitement un restaurant panoramique en dessus du niveau supérieur existant, la commission s’est en outre déclarée favorable au principe d’une couverture vitrée de la cour permettant de conserver l’apport de lumière naturelle jusque dans les étages inférieurs des quatre ailes du musée (la verrière figure au cahier des charges de l’appel d’offres de 1998 et est préconisée par les associations de sauvegarde), mais elle a dit non à la construction, devant la façade principale du musée, d’un édicule qui viendrait perturber le rapport monumental entre l’édifice et son environnement.

La CMNS a demandé enfin que soit entreprise de toute urgence la restauration du musée figurant au cahier des charges de l’appel d’offres de 1998, et que les mandataires fournissent un projet de restauration (actuellement limité à un état des lieux), complété d’un descriptif précis des travaux envisagés, notamment ceux touchant aux ouvertures (fenêtres, verrières, vitraux, portes, huisseries bois et métal). 

Les demandes de classement du MAH et de l’ilot urbain.

Venant conforter la demande de classement formulée depuis longtemps par PSGe (2 avril 2008), Action patrimoine vivant a adressé le 10 janvier 2012 au Conseil d’État une demande d’extension de la mesure de classement à la totalité de l’îlot prestigieux sis entre la promenade du Pin et la rue Charles-Galland englobant: le MAH (1901-10), l’ensemble contemporain de l’École des Beaux-arts et de l’école primaire de garçons des Casemates achevées l’une et l’autre dès 1904, et les prestigieux immeubles de la promenade du Pin, édifiés en 1862-63 pour les Pictet-de la Rive (nos 1-3, ) et Émile Plantamour (n° 5 aujourd’hui Bibliothèque d’art et d’archéologie). Les deux demandes de classement ont été préavisées favorablement par la CMNS (25 avril 2012) et sont en cours d’instruction.

Le crédit complémentaire d’étude accordé par la Ville.

Motivé par le désir exprimé par une large majorité de la classe politique de voir évoluer le projet vers une solution qui satisfasse l’ensemble des parties intéressées, et pour faire enfin avancer ce dossier, le Conseil municipal a donc voté à une large majorité, le 8 mai dernier, un crédit supplémentaire d’étude de CHF 2,925 millions. La Ville a annoncé un projet revisité pour l’automne.

Afin de lever toutes les oppositions, le projet devra en tout état de cause préserver les qualités architecturales du monument inscrit par la Confédération sur la «Liste des biens culturels d'importance nationale dans le canton de Genève» et, en conséquence, subir une révision plutôt radicale. Obtenir un projet consensuel représente la seule voie raisonnable, celle qui permettra d’éviter le référendum redouté par tous les amis du musée et les défenseurs du patrimoine artistique et culturel de la collectivité.

Le message du magazine des MAHG

Et voilà qu’aujourd’hui, ignorant toutes ces considérations, le dernier magazine des MAHG formule ainsi son programme: «Couvrir la cour. La fermeture de la cour permettra d’améliorer le coefficient de forme du bâtiment et de réduire la surface de façade en contact avec l’extérieur. Placer l’extension dans la cour intérieure contribuera à créer une unité thermique avec le bâtiment existant, tout en préservant les murs extérieurs. L’ensemble sera ainsi nettement mieux isolé et la consommation d’énergie maîtrisée». Bien que peu précis, le message se veut pourtant clair: en substance, le projet ne change pas, il remplira la cour. Le «comment» est laissé à l’imagination de chaque lecteur. Le texte est complété par un schéma indiquant la mise en place d’une sonde géothermique plongeant à 300 m de profondeur.

La position de PSGe

PSGe ne peut que souscrire au souci de bonne gestion énergétique affirmée par le projet, considérant en effet que la sauvegarde des ressources énergétiques et celle des valeurs culturelles constituent les deux faces d’une même préoccupation quant à la qualité de l’héritage que notre société lèguera à sa descendance.

Toutefois, comme cela est presque toujours le cas pour les mises aux normes de bâtiments historiques, toute la subtilité du projet doit consister à trouver des solutions d’équilibre entre l’amélioration des performances physiques et la sauvegarde fine de l’identité visuelle et de la substance matérielle de l’édifice. Une verrière isolante établie sur la cour permettrait de réguler durant toute l’année le climat intérieur du musée, tout en préservant l’ensemble de ses façades intérieures avec leurs fenêtres et vitraux. En revanche, le remplissage de la même cour par un dispositif de plateaux d’exposition la défigurerait, ferait voler en éclat la typologie intérieure avec ses circulations autour du quadrilatère, oblitérant ainsi, à la manière d’un empaillage à grande échelle, une caractéristique déterminante de l’architecture de l’édifice qui témoigne de sa généalogie typologique et constitue un attrait certain: preuve en est qu’en dépit de son état d’abandon croissant, cette cour, source de jour naturel et lieu privilégié pour des événements culturels, fait le bonheur à la belle saison des petits et des grands.

Comme PSGe l’a dit et répété: d’accord pour la verrière sommitale, pas d’accord pour le remplissage de l’espace de la cour qui doit demeurer intact! Il convient de rappeler que PSGe estime que l’installation d’un seul plateau, tel que toléré par la CMNS, n’est pas non plus acceptable car cette installation oblitérerait les portiques du rez-de-chaussée de la cour lesquels constituent sa composante architecturale et spatiale la plus intéressante. En outre, les proportions de la cour seraient totalement faussées par ce niveau posé à 5 ou 6 m au-dessus du sol…

Pour les fenêtres, le projet doit favoriser soit la pose de verres isolants dans les bâtis existants si c’est possible, soit la pose de doubles-fenêtres lorsque c’est nécessaire, par exemple, à la conservation des vitraux. La mise aux normes du bâtiment exigera des compromis harmonieux entre la sauvegarde du patrimoine et celle de l’énergie. A cette fin, il sera essentiel de travailler à partir d’un bilan énergétique global de l’édifice et non au cas par cas. Cela permettra d’optimiser certaines mesures d’isolation (p. ex. la verrière zénithale) compensant l’impossibilité de respecter les normes dans certaines parties (p. ex. les fenêtres) sans les dénaturer ou les défigurer.

Au vu des récentes découvertes archéologiques dans le bastion St Antoine, PSGe est particulièrement soucieux que des sondages en profondeur soient effectués dans la cour, préalablement à toute décision finale, afin que les éventuels niveaux gagnés en sous-sol n’entraînent pas la destruction de vestiges précieux de notre histoire. La restauration de l’édifice est une autre dimension de la totalité de la problématique MAH. Elle peut se faire de l’intérieur, indépendamment des travaux d’agrandissement, et aurait dû démarrer depuis longtemps déjà…

Trouver la bonne réponse aux contraintes légales

Insistons en conclusion sur le fait que ces travaux devront être faits de façon strictement conforme aux lois et règlements en vigueur, ce que l’article du magazine des MAH évite très soigneusement d’évoquer.

Le bâtiment est protégé par sa situation dans le secteur sud des anciennes fortifications; il ne peut donc être surélevé sans dérogation (qui aurait un effet de dangereux précédent dans l’ensemble du quartier protégé des Tranchées). En principe, le projet ne peut pas être finalisé avant l’aboutissement des procédures d’instruction des demandes de classement et les arrêtés du Conseil d’Etat y relatifs.

Dans un tel cas, une étroite coopération entre architectes, ingénieurs et conservateurs du patrimoine, spécialistes des énergies et restaurateurs d’art, historiens de l’architecture, voire archivistes, est indispensable. L’expertise de chacun est requise.

On est donc plus que jamais en droit de s’inquiéter quant au devenir du projet, quand ses auteurs, sans doute à court d’arguments culturels et apparemment peu enclins à se remettre en question et à réunir ces expertises, se servent d’un argument environnemental de portée générale pour justifier la destruction d’un monument d’art et d’histoire de cette importance.

Lire aussi la note de Vincent Mangeat A bout de souffle ! et son annexe.

La Rédaction d’Alerte
Alerte n°121

Jeudi 10 mai 2012
Mario Togni, "Musée d'art et d'histoire : adaptation du projet à l'étude", Le Courrier

Samedi 5 mai 2012
"Musée d'art et d'histoire : la pression monte", Le Courrier

Vendredi 4 mai 2012
Olivier Francey, "Solutions alternatives pour la rénovation du Musée d'Art et d'Histoire, Tribune de Genève

Mercredi 25 avril 2012
Pierre Vaisse, "Les risques du projet Nouvel", texte intégral

Mercredi 25 avril 2012
Pierre Vaisse, "Les risques du projet Nouvel", courrier des lecteurs de la Tribune de Genève

  

AGRANDISSEMENT DU MUSEE D’ART ET D’HISTOIRE : REPONSE DE BERNARD ZUMTHOR A L'INTERVIEW DE JEAN NOUVEL, L’HEBDO No12 mars 2012 

 
La récente interview de Jean Nouvel au sujet du projet d’agrandissement et de surélévation du Musée d’art et d’histoire de Genève (MAH), publié dans l’Hebdo 12/2012, appelle de la part de la Section genevoise de Patrimoine Suisse (PSGe) les commentaires suivants.

Une conception dynamique de la sauvegarde du patrimoine

Jean Nouvel fait implicitement procès aux associations de défense du patrimoine de mettre la ville dans le formol, de s’opposer aux mutations urbaines et aux transformations architecturales, de prôner un immobilisme rétrograde, de refuser que le patrimoine vive et de bloquer les projets innovants. PSGe affirme haut et fort que sa conception du patrimoine est diamétralement opposée à cette caricature.

Jean Nouvel a ses préjugés et le patrimoine a ses intégristes. PSGe les rejette dos à dos. La sauvegarde préconisée par l’association est fondée sur la Charte de Venise, « bible » des conservateurs des monuments et de tous les acteurs du patrimoine, dont un des principes cardinaux (art. 5) est que « La conservation des monuments est toujours favorisée par l’affectation de ceux-ci à une fonction utile à la société ».

Faire vivre ou revivre un monument historique ne consiste évidemment pas à le figer dans un état inutilisable. Sa fonctionnalité inscrit l’édifice sauvegardé dans la dynamique de l’histoire en mouvement. Elle assure sa perpétuation d’une génération à l’autre. Aussi, il va de soi qu’il devra être adapté pour répondre à l’évolution de sa valeur d’usage. De cette double évidence, il découle que préserver ne veut pas dire s’opposer à toute intervention contemporaine. Cela a été dit et redit au sujet du bâtiment de Camoletti: p. ex. l’excavation de la cour et sa couverture d’une verrière à la manière exemplaire de ce qui a été réalisé au British Museum sont des options que PSGe soutient et encourage.

Toutefois la condition d’une intervention de notre temps est de préserver l’intégrité de l’édifice qu’on investit. Une affectation nouvelle « ne peut altérer l’ordonnance ou le décor des édifices » précise la Charte de Venise. Outre qu’il s’agit là d’une des règles fondamentales de la préservation du patrimoine, c’est une simple question de bon sens : quel intérêt y a-t-il à conserver un édifice historique si c’est pour le rendre méconnaissable ? Modifier n’est pas altérer.

Les adaptations nécessaires à chaque renouvellement de fonction ne consistent pas obligatoirement dans l’effacement des états antérieurs. Car c’est la somme des étapes historiques de sa formation qui constitue l’héritage culturel. Celui-ci se présente comme un continuum homogène, même s’il est polymorphe, non comme une suite hétérogène de ruptures.

C’est dans la mesure où la chaîne des situations architecturales et spatiales changeantes avec le temps restera intelligible à travers la nouvelle fonction que l’objet patrimonial s’enrichira d’une nouvelle strate historique et aura encore du sens pour nos descendants.

Il s’en suit que sauvegarder le patrimoine n’est bien évidemment pas le congeler. La vraie conservation n’est pas conservatrice.

C’est le bâtiment qui dit le possible

Sur le plan technique, reconnaître le caractère évolutif d’un lieu porteur d’histoire tout en préservant son identité architecturale entraîne une double exigence. Le degré d’adaptabilité de l’édifice historique réutilisé doit être déterminé avec la plus grande précision et le programme technique de sa fonction nouvelle doit pouvoir se caler de façon indolore dans les limites de son potentiel de réaménagement. « C’est dans ces limites qu’il faut concevoir et qu’on peut autoriser les aménagements exigés par l’évolution des usages et des coutumes » dit encore la Charte de Venise. Le projet doit accepter les contraintes du bâtiment plutôt que de lui imposer les siennes. La transformation doit s’arrêter là où commence la déformation.

Ajoutons que cette exigence n’est pas seulement structurelle (fragilité du monument historique) ou liée aux propriétés particulières du type de bâtiment concerné. Lieu de mémoire, l’édifice historique possède également une dimension symbolique dans son contexte bâti. Dans ses formes, le MAH représente, « figure », une partie du récit de la Genève urbaine, culturelle et politique d’après 1848 et la démolition des fortifications. C’est pourquoi, contrairement à ce qu’affirme Jean Nouvel il doit aussi pouvoir être « contemplé » ou, plus exactement, reconnu, compris, dans toute la signification que lui donne l’histoire par le biais de sa forme. Aussi l’intervention nouvelle sur l’édifice ancien doit-elle être empreinte de respect, de retenue et de sensibilité sous peine de le «dé-figurer » en le privant de son pouvoir d’évocation. Et surtout elle doit être réversible. 

Une arrière-cour ?

A l’instar de celle de nombreux musées européens du XIXe siècle l’architecture du MAH appartient à un « type » particulier d’origine néo-classique, à savoir, un quadrilatère de galeries et de cabinets d’exposition articulés autour d’une cour ouverte qui joue le rôle de pivot central dans la distribution des espaces et des volumes.

Dans ce modèle d’édifice, le « vide » est essentiel pour exprimer les « pleins » du bâti. C’est de la tension entre les deux que naissent l’harmonie des proportions, la qualité des rapports entre intérieur et extérieur, la subtilité de l’éclairage naturel bi-orienté, etc. La cour n’est donc pas un lieu « oublié » offert au premier remplissage venu. En condamnant cette caractéristique objective majeure du bâtiment, Jean Nouvel  le prive d’une part importante de son authenticité… qu’il prétend pourtant préserver.

Cette surprenante contradiction est manifeste lorsqu’il assimile la cour du MAH à une « arrière-cour ». Même si son aspect actuel est peu engageant du fait du manque d’entretien, elle reste l’élément qui structure toute la spatialité et la volumétrie du musée et ne demande qu’à être requalifié, non pas oblitéré !

De même, Nouvel commet une grave erreur d’appréciation lorsqu’il hiérarchise les façades extérieures et intérieures du musée : les premières auraient été soignées, les secondes négligées car la cour n’aurait « pas été conçue pour être vue ».  Rien n’est plus faux ! Leur apparence différenciée répondait à la différenciation de leurs fonctions, ce qui était une conception très moderne pour son temps. Les faces extérieures, richement décorées s’adressaient  à un environnement urbain qui avait le souci de son embellissement dans le goût de l’époque (le fameux style dit « beaux-arts ») et dans le contexte duquel le « Grand Musée » s’affirmait comme un symbole culturel fort.  En écho, les façades de la cour, plus sobres mais d’un classicisme soigné, répondaient à des fonctions internes pratiques d’éclairement  et d’articulation du dispositif muséal.

Cela n’a donc aucun sens de qualifier les différentes parties de l’édifice en donnant de « bonnes notes » à l’extérieur et de mauvaises à la cour. Il est au contraire important de réaliser que ce bâtiment constitue un ensemble dont toutes les parties, pleins et vides, décoration et structure, symboles et fonctions, matériaux et textures, sont solidaires et qu’on ne peut en supprimer une, au demeurant la plus importante sur le plan spatial, sans péjorer toutes les autres.

Un projet « d’un grand calme qui  surligne de l’existant » 

Artiste de l’antiphrase, Jean Nouvel célèbre le « grand calme » de son projet. La réalité est tout le contraire !  Par ses proportions et son emprise, l’intervention non seulement dénaturera la composition architecturale du musée mais surtout elle la déstructurera, littéralement, et avec violence, puisque les niveaux entassés dans la cour seront supportés au moyen d’une intervention « chirurgicale » lourde et, contrairement à ce qu’affirment les auteurs du projet, irréversible : l’insertion dans l’épaisseur même des murs porteurs du bâtiment existant des poteaux porteurs.

PSGe conteste d’autant plus ces percements des maçonneries anciennes. qu’aucune garantie professionnelle n’a jamais été donnée quant à la capacité statique des murs d’absorber une telle agression.

Dans cette opération, la cour elle-même sera supprimée. Il n’y a donc pas lieu de parler de « future cour » comme le fait Jean Nouvel puisqu’il n’y en aura tout simplement plus. Son projet, joliment qualifié de «surlignage» du bâtiment Camoletti, consiste plutôt en une « surimpression » c’est-à-dire une opération qui rend illisible le texte primitif : il s’agit ni plus ni moins de l’oblitération des structures et des espaces envahis. L’argument de la «transparence » du dispositif, répété à satiété, procède de la même mauvaise foi puisque, de l’aveu même des mandataires genevois chargés d’exécuter le projet, une fois la cour investie, un éclairage artificiel sera nécessaire en permanence dans les salles du bâtiment Camoletti .

Révélation ou occultation ?

Jean Nouvel affirme que son projet « révèlera le bâtiment Camoletti à lui-même ». Là, il joue sur les mots car comment le bâtiment serait-il « révélé », même à lui seul, puisqu’il sera occulté  à l’intérieur et écrasé à l’extérieur en raison de la rupture d’échelle due à la surélévation du restaurant panoramique. La logique du raisonnement est en fait inverse : c’est son intervention qui se verra révélée à elle-même et au monde grâce à la relégation du musée au rôle de repoussoir, d’enveloppe résiduelle décorative de son projet.

Restaurer le Musée d’art et d’histoire

 Enfin, concernant l’état de dégradation du bâtiment de Camoletti, PSGe rappelle  ses demandes réitérées que sa restauration dans les règles de l’art soit entreprise d’urgence, même indépendamment de son agrandissement.

Il est en effet inquiétant (ou significatif !) que la question de la réhabilitation du musée soit totalement absente des propos de Jean Nouvel. Tout ce qui en est dit est que « certains aspects (sans qu’on sache lesquels) de sa muséographie seront conservés ». C’est un peu mince comme programme surtout lorsqu’on sait que des salles historiques, notamment celles du château de Zizers, sont d’ores et déjà condamnées ! La restauration fait pourtant officiellement partie intégrante du projet. Ce devrait même en être un chapitre majeur car ses modalités seront difficiles à mettre au point. Pour ne prendre qu’un seul exemple : comment le projet va-t-il concilier conservation et mise aux normes énergétiques ?

Au demeurant, PSGe est d’avis que les nombreuses difficultés structurelles du MAH relèvent davantage de problématiques de gestion et de muséographie que d’architecture. Il est éloquent à ce propos que le MAH n’ait jamais  proposé de pallier le manque de locaux par un tournus d’expositions plus resserré qui permettrait de faire mieux connaître la richesse des collections (puisque c’est celle-ci qui justifie la nécessité d’agrandir) et qui fidéliserait un plus large public à l’affut de nouveautés offertes plus fréquemment à son regard. Mais cela est un autre débat.

Au vu de toutes ces questions sans réponses PSGe défend l’option d’une extension de l’institution au périmètre voisin Bd Helvétique-Promenade du Pin dont les immeubles sont presque totalement dans le domaine public. Une telle solution permettrait la sauvegarde de l’intégrité  du musée de Camoletti et son adaptation mesurée, progressive et moins chère, offrant à terme davantage de  surfaces utiles que le projet Nouvel. Mais cela est encore un autre débat…

Pour Patrimoine suisse Genève :
Bernard Zumthor
Ancien conservateur cantonal des monuments et directeur de l’Office du patrimoine et des sites
Expert fédéral des monuments historiques
Membre de la Commission fédérale des monuments historiques

 

  

20 décembre 2011
Lettre d'observation de Patrimoine suisse Genève adressée au DCTI quant à la requête 104675 parue dans la FAO n°135 du 23 novembre 2011

22 mars 2011
Marcellin Barthassat, "Agrandissement du Musée d'art et d'histoire : la Ville doit revoir sa copie, rubrique Opinion, Tribune de Genève
3 mars 2011
Communiqué de Presse 

mars 2011
Bernard Zumthor, "Musée d'art et d'histoire : bilan désabusé d'un Comité consultatif pour rien", Alerte n°116

mars 2011
Bernard Zumthor, "Quelques réflexions au sujet du Musée d'art et d'histoire", Alerte n°116
2011 (1/2011)
Cecilia Maurice de Silva, Jean-Philippe Koch, "Un autre projet pour le Musée d'art et d'histoire", Heimatschutz Patrimoine, p. 37

25 mars 2009
Une mise au point de Patrimoine suisse Genève

mars 2009
"Musée d'art et d'histoire : d'autres scénarios d'agrandissement !", Alerte n°109

16 décembre 2008
Préavis de la CMNS

Juin 2008
Pierre Vaisse, "Considérations intempestives pour le Musée d'art et d'histoire", Alerte n°105

2 avril 2008
Demande de classement du Musée par Patrimoine Suisse Genève

mars 2008
Pierre Monnoyeur, "La lumière, la transparence et l'obstacle : la conduction du jour et des visiteurs dans le musée d'art et d'histoire de Genève, Alerte n°104

mars 2008
Cecilia Maurice de Silva, "Quelle solution pour le MAH ?", Alerte n°104
28 novembre 2007
Réflexions et opinion de Patrimoine Suisse Genève transmis à la Ville de Genève et à la Fondation pour l'agrandissement du Musée

Avril 1907
La Patrie Suisse, No 354, p. 95